Etude de cas – Garder le contrôle et comprendre la position de l’autre

L’histoire se passe il y a quelques années.

« Il s’agit d’un projet un peu « abîmé » par la situation relationnelle »

C’était un projet d’organisation documentaire, de rédaction d’une politique documentaire sur les documents clés des processus métiers de la société en question, filiale d’un gros groupe financier. On ne peut pas dire qu’il s’agit là d’un projet planté, mais d’un projet un peu « abîmé » par la situation relationnelle.

Dans le cadre de l’écriture de cette politique, j’avais choisi de mettre en place un collège d’experts internes, en fonction de plusieurs spécialités que j’avais déterminées. Parmi les contributeurs de ce groupe, il y avait une juriste. Préalablement à la réunion de lancement de ce collège, j’avais interrogé chacun des contributeurs séparément.  J’avais demandé à chaque expert de valider le compte rendu résultant de l’entretien. Les renseignements issus des entretiens me permettaient de commencer à alimenter une première ébauche de la politique documentaire.

La partie la plus avancée concernait les aspects juridiques que j’avais donc demandés à la personne interrogée de valider. Or, cette personne prenait du temps à valider sa partie, me rétorquant qu’elle le faisait en surcharge de son travail, bien qu’elle ait été désignée par sa hiérarchie pour participer à ce projet. Cette personne était alors enceinte de son 2e enfant.

« C’est toujours de ses échecs qu’on apprend le plus »

Arrivé à quelques jours de la réunion de lancement, mon chef de projet m’apprenait qu’il ne pourrait pas assurer la présentation, étant par ailleurs occupé sur un nouveau projet en régie. Je préparais donc avec soin la version V0 du livrable, ainsi qu’un support pour expliquer le projet. Je n’avais toujours pas reçu la partie validée de l’expert juridique.

Le jour du lancement arrive et tous les acteurs sont présents. Au démarrage de la séance, je commençais à dérouler les slides de la présentation et je me trouvais interrompue par la juriste qui m’interpellait sur le rendu du livrable, reprochant son manque d’adaptation au contexte de la société. Parvenant difficilement à reprendre la suite de ma présentation et me sentant de plus en plus attaquée, je devins agressive et lui rétorquais que c’était la moindre des choses de me laisser finir de parler et que je ne l’interrompais pas sans arrêt.

Là-dessus, il y eut un froid dans l’assemblée et le seul homme de l’assistance essaya de détendre l’atmosphère. On finit tant bien que mal cette première réunion et je pris acte des critiques et des demandes pour la prochaine séance.

La chef de projet côté client ne me soutint pas à la suite de l’incident. La juriste ne vint d’ailleurs plus aux autres séances, nous laissant d’ailleurs terminer sans elle. Le projet d’écriture se poursuivit et mon chef de projet décida de ne plus me laisser seule diriger ce groupe de travail. Le livrable fut enfin validé par un autre expert juridique qui avait été nommé peu avant le départ en congé maternité de la première.

« Je compris plus tard que le problème ne venait pas de mes compétences »

Finalement, tous les livrables furent validés et le projet arriva à son terme malgré l’incident. Mais il se produisit deux choses pour moi à sa suite : d’une part, une perte incroyable de confiance en moi et d’autre part, l’empreinte d’un projet difficile à terminer dans cette atmosphère pesante entre la chef de projet interne et moi.

Depuis lors, j’ai repris ce cas en stage de communication, car il me hantait. Il me collait même un peu à la peau puisque lors d’un autre appel d’offres, notre société n’avait pas même été consultée par cette société et mon PDG m’en tint pour responsable.

Je compris plus tard que le problème ne venait pas de mes compétences, mais de ma perte de contrôle lors de la réunion et du manque de compréhension en filigrane de la juriste : elle était stressée de se retrouver avec un nouveau projet dans lequel elle pensait devoir beaucoup contribuer. Elle ne s’en sentait pas la force, d’où son agressivité et sa demande vis-à-vis du livrable qu’elle souhaitait voir plus avancé.

C’est toujours de ses échecs qu’on apprend le plus. C’est évident. Mais le plus dur est de retrouver confiance, comme auparavant.

Note : Merci à FLC pour ce retour d’expérience !

Cet article participe à l’évènement “le conseil que je donnerais au chef de projet que j’étais” organisé par ce blog. Si vous avez aimé cet article et souhaitez voir les autres articles de cet événement, je vous remercie de cliquer sur ce lien : j’ai aimé cet article !

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2 réponses à Etude de cas – Garder le contrôle et comprendre la position de l’autre

  1. mourad dit:

    je travail dans le secteur du bâtiment et je trouve que les taches de c.projet dans ce secteur sont très difficile par apport a d autre secteur.
    qu’en pense tu! est ce que il y aura prochainement un article spécialement pour le bâtiment et travaux public
    merci

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